L'information vous a peut-être échappée, mais notre premier ministre fantôme a réussi l'exploit de se fâcher avec Zapatero, son homologue espagnol. A
l'origine de ce conflit, une déclaration sur TF1 dimancher soir : José Luis Zapatero «regrette amèrement» d'avoir régularisé quelque 600.000 travailleurs
étrangers clandestins en Espagne en 2005 et qu'il s'était, «en tout cas, engagé à ne plus le refaire».
Les télespectateurs de TF1 ont donc été prié de croire l'acolyte de Sarkozy sur parole. Dommage que le chef du gouvernement espagnol ait déclaré mardi : "qu'il ne
se repentait pas d'avoir régularisé massivement des immigrés clandestins, comme l'avait dit le Premier ministre français François Fillon. Camouflet supplémentaire, il a expliqué qu’il attendait une
«note de clarification» de la France sur le sujet. "
Il a ajouté que : cette régularisation était «nécessaire» et s'est révélée «positive».
Après que Kouchner se soit fâché avec le premier ministre irakien pour lui avoir conseillé de démissionner, que Sarkozy se mette l'Allemagne d'Angela
Merkel à dos, voici donc que la France braque l'Espagne en déformant ses propos pour justifier sa politique intérieure. Je comprends que Fillon ait un besoin vital
d'exister, mais si c'est à travers de bourdes de cette ampleur, je préfère qu'il continue d'hiberner.
Comme d'habitude, on a essayer, côté Français, de minimiser l'affaire en prétextant une certaine incompréhension, mais il s'gait bel et bien d'une exploitation médiatique. D'ailleurs, qui aura
entendu le démenti ?
Et puis, l'information selon laquelle une régularisation massive des sans-papiers puisse être favorable au pays n'est pas très populaire chez nous où Le Pen et ses idées triomphent depuis le 6 mai
dernier. En effet, Nicolas Sarkozy a de nombreuses fois sévèrement critiqué ces régularisations massives quand il étaitministre de l'intérieur, ce qui avait déjà provoqué une polémique avec José
Luis Zapatero.
On se fâche avec l'Allemagne et l'Espagne, nos plus gros partenaires commerciaux, mais fort heureusement, on devient très copains avec la Libye de Khadafi (dictateur notoire) et avec l'Amérique de
Bush. Peut-être pour remplacer le rôle de caniche que la Grande Bretagne semble vouloir délaisser.
On sent que la diplomatie sarkozyenne nous porte vers de rivages meilleurs, c'est certain !
Dominik
par Dominik Vallet
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