Lundi 10 septembre 2007
Non, Notre effacé premier ministre ne part pas en retraite, mais il vient de lancer la bataille des régimes spéciaux. Sur l'antenne de Canal+, il a affirmé que la réforme était prête et qu'elle n'attendait que le feu vert de Nicolas Sarkozy. Dans la foulée, il parlait des négociations à venir sur le sujet avec les partenaires sociaux.
N'est-il pas un peu paradoxal d'évoquer des négociations alors qu'on vient d'affirmer que la réforme était prête. Si elle l'est réellement, il n'y a rien à négocier. S'il y a matière à discuter, la réforme est tout sauf prête. Cela vient aussi en contradiction avec les déclarations de Xavier Bertrand (ministre du travail, donc chargé du dossier) qui affirmait il y a une semaine que rien n'était ni cadré, ni décidé tant sur la méthode que sur le calendrier. Alors, soit l'un des deux est un fieffé menteur (un homme poilitique, pensez-donc !), soit Fillon a bossé très dur sur les retraites depuis (un homm
e poilitique, pensez-donc !!!).
Quoi qu'il en soit, Fillon a déclenché la guerre chez les syndicats et la gauche anti-libérale. Besancenot est monté au créneau, la plupart des syndicalistes également. François Chérèque  de la CFDT a été plus prudent, mais il est encore échaudé de la précédente réforme des retraites en 2003. Une réforme menée par un certain... François Fillon ! Son aval lui avait valu une avalanche de défection à la CFDT, fragilisant sa position.
Sur le fonds, il est difficile d'être farouchement contre car il apparait comme anachronique que les employés d'EDF, les notaires ou les guichetiers de la SNCF (entre autres) côtisent moins longtemps que les autres salariés pour toucher plus. Surtout quand on sait qu'ils ne sont que 500 000 à côtiser et un million à toucher leurs pensions. Du coup, c'est le régime général qui prend en charge la différence. Certes, aucune réforme ne parviendra à rétablir un régime structurellement aussi déséquilibré, mais on peut aspirer à une certaine équité.
On regrettera d'autant plus tous ces cafouillages gouvernementaux dont l'origine est très certainement l'envie inextinguible d'exister de la part d'un premier ministre éclipsé par Sarkozy.
On attend maintenant de voir quel sera le sort des députés et des sénateurs, eux aussi concernés par les régimes spéciaux. Quand on demande aux autres des sacrifices, il est bon de montrer l'exemple. Une habitude très peu ancrée parmi nos élites.

Dominik
par Dominik Vallet publié dans : Humeurs communauté : Libre pensée politique
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