Aujourd'hui s'achève le Grenelle de l'environnement. On nous a surmédiatisé cette rencontre et j'ai bien peur qu'elle n'accouche d'une souris verte. Il
faut savoir que le nucléaire n'a pas été abordé ce qui semble paradoxal pour une rencontre sur l'environnement. Les lobbies industriels ont veille au grain et la plupart des décisions difficiles
ont été annulées ou reporté sine die. De l'abaissement des limites de vitesse des voitures (ça, ça m'arrange vu les trajets que je fais tous les jours) à la taxe carbone en passant par les OGM. Sur
ce sujet, on a assisté un jeu de dupes. Un moratoire a été voté, mais il prendra effet après les semis de printemps. Les OGM seront donc plantés et on attendra un an avant d'appliquer le prétendu
moratoire. Entre temps, on aura voté une loi les autorisant et ni vu, ni connu, je t'embrouille : on aura fait croire à une réussite du Grenelle.
Quand on voit la réaction de Nicolas Hulot, on est sûr que c'est un échec, une fantastique mise en scène pour prendre des mesurettes homéopathiques. Certes, cela va dans le bon sens et on peut s'en
féliciter, mais rien n'est à la mesure des enjeux environnementaux. Pas grave, on aura bien fait semblant et c'est bien l'essentiel dans un monde du tout-communiquant.
Un autre indice : Sarkozy a commandité dans le même temps une étude sur la relance de la croissance à Jacques Attali et quelques experts libéraux. Il leur a demandé d'être audacieux car il leur a
promis d'appliquer leurs préconisations. Sans surprise, les conclusions sont toutes ou presque contraires au développement durable ou à l'écologie, mais on ne peut pas avoir le beurre et l'argent
du beurre : l'écologie et la croissance effrénée.
Et puis, le propre des Grenelle, c'est aussi d'apporter des solutions en trompe-l'oeil comme leur glorieux ancêtre de 1968 (mené par un certain Jacques Chirac).
Chez Sarko, la rupture se fait dans une certaine continuité.