Depuis vendredi, la situation a bien évolué sur ce dossier, mais on a encore l'impression que l'on ne connait pas toute la vérité.
Tout d'abord, on a appris que, non seulement le gouvernement était au courant des tribulations de l'association, mais qu'il lui avait fourni un Transal pour aller au Tchad ! Certes, sous le faux
nezt de "Children Rescue" utilisé sur place, mais tout de même.
On a découvert que ses membres ne s'embarassaient guère de la légalité dans leurs opérations, de l'aveu même d'un de ses dirigeants au micro d'un journaliste de Kapa. Sauver les enfants valait
l'absolution de toutes les errances et les infractions. Mais quels enfants ? Des orphelins du Darfour ou des enlèvements de jeunes tchadiens ? Là encore, le flou règne en maître.
Bien sûr, il ne faut tenir aucun compte des affirmations absurdes du président Déby évoquant un trafic pédophile ou pire encore de vente d'organes. Déby étant un dictateur arrivé au pouvoir avec
l'aide bienveillante de la France, il joue l'intox pour obtenir plus de notre pays d'une libération des prisonniers qui ne sont pas encore officiellement des otages. Le président tchadien a sans
doute été inspiré par l'épisode Libyen où un confrère dictateur a obtenu beaucoup contre des infirmières bulgares.
Comme la France a besoin de la collaboration du Tchad dans un prochaine opération humanitaire au Darfour voisin, elle oscille entre une ferme condamnation de l'Arche de Zoé et la défense de ses
ressortissants.
Au passage, l'équipage de l'avion affrêté est aussi prisonnier alors qu'ils n'y sont pour rien et les journalistes de Kapa également, mais Déby ne s'embarasse pas des détails. Il a volontairement
chargé les accusations pour obtenir plus lors des inévitables négociations à venir.
Reste tout de même une question en suspens : à quoi servait tout l'argent récolté par l'Arche de Zoé ? Une partie n'était-elle pas détournée à des fins moins humanitaires ? Pour le moment, on ne le
sait pas et l'affaire est noyée dans un vaste embroglio entre la France et le Tchad.