Lors de l'élection présidentielle, François Bayrou s'était présenté
comme le chevalier blanc de la politique, ni à droite, ni à gauche. Une position difficile à tenir, coincé qu'il était entre le puissant UMP, qui ne tarda pas à dévorer l'essentiel de ses
élus, et le PS qui repousse à moitité ses avances d'alliance.
Difficile d'exister politiquement quand on a un passé de droite et des électeurs plutôt de gauche. Les municipales étaient donc un premier test pour le MODEM. Paradoxalement, alors que les
résultats sont assez médiocres, il se retrouve très courtisé à la veille du second tour. Tout le monde veut ses voix pour faire basculer le résultat en sa faveur, si possible sans faire d'alliance
trop encombrante.
Si Ségolène Royal est partisane d'une alliance sur le long terme, ce n'est pas l'avis d'une majorité de socialistes qui
préfèrent regarder à gauche des alliés plus fiables. Alors, on se retrouve avec des alliances au cas par cas donnant la pire image de politique poiticienne à ce parti qui voulait laver plus blanc
que blanc. Déroutant pour un électorat frais donc encore friable et versatile.
Marielle de Sarnez en perdition à Paris, François Bayrou en ballotage défavorable à Pau, l'avenir municipal du MODEM semble bien compromis. Au final, peut-être vaut-il mieux pour son président
perdre Pau pour ne pas s'engluer dans la gestion du quotidien alors que son objectif n'est que présidentiel. Se prendre les pieds dans le tapis du local quand on aspire aux plus hautes destinées
n'est pas forcément engageant pour l'électeur de base.
Seule satisfaction, la bérézina de Jean-Marie Cavada dans le XXIIe arrondissement de Paris. Il faut dire que son parachute avait des ratés car il n'arrivait jamais à se rappeler l'arrondissement où
il se présentait ! Chapeau bas monsieur l'artiste du retournement de veste.