"Des p'tits trous, des p'tits trous, toujours des p'tits trous" chantait le poinçonneur des Lilas dans la chanson de Gainsbourg. Les poinçonneurs ont disparu des rames de métro, mais l'état s'évertue depuis quelques temps à creuser des trous dans les comptes de la sécurité sociale. Dans quel but ? La question se pose, mais ne peut-on imaginer que des libéraux mettent en oeuvre le démantelage du service public pour le confier au privé. En effet, le marché de la santé est très prometteur pour les assureurs privés qui n'attendent que ça. C'est d'ailleurs une des directives très libérales de l'union européenne qui le préconise. Bien entendu, le crime ne doit pas être trop voyant au risque de déclencher des vastes mouvements sociaux, alors on fait semblant de sauver en assenant des médications empoisonnées.
Ainsi, depuis le 1er juillet, les médecins généralistes ont vu leur prix augmenter de un euro. En récompense d'une saine gestion des prescriptions ? Pas du tout car dans le même temps, des études montrent un net dérapage de leur part. Les généralistes ont promis une nouvelle fois de prescrire plus de génériques, mais c'était déjà le cas avant et l'on sait qu'une telle mesure va permettre au mieux d'économiser une centaine de millions d'euros alors que l'augmentation de un euro coûtera bien plus cher. Pas grave, l'UMP soigne sa clientèle électorale sur le dos des malades et de la sécu. A chaque augmentation, on avance qu'un médecin est moins bien payé qu'un plombier. C'est possible, mais ça se discute car une consultation dure souvent 10 minutes alors qu'un plombier reste rarement moins d'une heure. Avec 4 à 6 consultations par heure, le médecin est donc payé 100 à 150 euros de l'heure. Je ne connais pas de plombier pratiquant de tels tarifs.
On a mis aussi en route la carte vitale avec la photo de l'assuré sociale. Une mesure coûtant plus d'un milliard d'euros pour empêcher une fraude estimée à 100 millions d'euros. On voit bien l'économie !
Par contre, aucune mesure prise contre les labos qui inondent nos médecins de visites pour les pousser à la consommation (à l'aide de séminaire très agréable dans des lieux de rêve). Non, les labos sont des amis...
Enfin, la sécu se porterait bien mieux si l'état payait ses dettes. Des dettes de plusieurs milliards d'euros qui combleraient en grande partie le fameux trou.
Mais non, l'état continue de creuser "des gros trous, des gros trous, toujours des gros trous...". Il serait temps de se demander : POURQUOI ?
Dominik