Il y a encore dix-huit mois, Airbus et EADS, sa maison mère, étaient les fleurons technologiques d'une Europe victorieuse. Les succès s'enchaînaient et le concurrent Boeïng était à la ramasse. Du côté français, on retenait surtout qu'Airbus était une société essentiellement nationale car s'il y a un domaine où l'on reste champion du monde, c'est bien le chauvinisme.
Pourtant, tout n'était pas si rose. En coulisse, l'avance avait fondu comme neige au soleil de mai à cause de l'A380 et l'A350 dont les mises au point patinaient secs.
Quant au printemps 2006, les dirigeants se rendirent compte qu'ils ne pouvaient dissimuler les problèmes, ils vendirent en catastrophe et fort opportunément leurs stock-options pour en retirer un profit maximum. Si Noël Forgeard a été fort justement fustigé pour ça, on a beaucoup moins évoqué celui d'Arnaud Lagardère qui en avait fait tout autant. Ceux qui penseront que c'est parce qu'il est le patron d'Europe 1 et de nombreux journaux seront de méchants suspicieux. Et ceux qui mettront en avant ses relations amicales avec le président seront logés à la même enseigne.
Quoi qu'il en soit Forgeard fut remercié à la suite de ça, mais pas pour avoir vendus ses stock-options (une enquête pour délit d'initié est en cours), mais pour avoir mal géré Airbus. En toute bonne logique libérale pragmatique, on lui octroya 8,4 millions d'euros pour s'en aller. Quand on dit qu'on l'a remercié, on ne plaisante pas avec le vocabulaire chez EADS !
Aujourd'hui, Louis Gallois a repris les rênes d'Airbus en plus d'EADS et la société est en crise grave. A tel point que Sarkozy et Angela Merkel se voit aujourd'hui pour trouver une solution. Sarko veut une présidence uniquer et française tandis que Merkel est d'accord sur la présidence unique, mais elle la souhaiterait germanique.
Quoi qu'il en soit, on peut être persuadé que les médias diront que la rencontre sera un succès pour le président de la république, on en a pris l'habitude.
Sinon, un petit rappel historique nous indiquera qu'il y a quelques années EADS était un conglomérat de sociétés nationales et ça fonctionnait très bien. Si ça va mal aujourd'hui, c'est depuis que c'est devenu une société privée (libéralisme, quand tu nous tiens !) avec une gouvernance bicéphale franco-allemande. Ce n'est pas moi qui le dit, mais un ancien dirigeant français qui est loin d'être un gauchiste.
Et sinon, vous n'avez toujours pas de nouvelles de Fillon ?
Dominik