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Dominik Vallet chronique des livres et des BD, montre des planches originales, des dessins humoristiques et parle un peu de sa production personnelle...

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La "rupture" africaine de Sarkozy

Nicolas Sarkozy vient d'effectuer une tournée africaine dans la plus grande tradition de la Françafrique. Fidèle à son credo, il a voulu placer les relations franco-africaines sous le signe de la rupture.
Première rupture, il a rendu visite à Kadhafi ! Je ne sais pas si c'est le sens donné  au mot rupture, mais si c'est pour ramener dans le concert des nations respectables les vieux dictateurs et ex-terroristes, j'ai comme un doute... Cette visite amicale s'entendait dans la transaction concernant la libération des infirmières bulgares, autrement dit, c'était le RIEN que Sarko avait concédé aux Libyens. Ca et les contrats nucléaires. Ce genre de petits riens qui fondent l'amitié entre les peuples.
Il est ensuite allé au Sénégal en compagnie de la franco-sénégalaise Rama Yade. Les médias ont tellement mis en avant le retour aux sources de cette dernière que cela a occulté le caractère traditionnel de la visite présidentielle. On était revenu aux fondamentaux : la France va visiter une ancienne colonie et assure le monarque en place de son soutien indéfectible. Pour être allé au Sénégal, je peux vous dire que tout ce qui permet de s'enrichir là-bas appartient aux Français : les  hôtels, les restaurants, les boutiques, les agences de 4x4 etc. En plus, Rama Yade est charmante, très photogénique et on lui pardonne donc facilement de n'être qu'un prétexte, une jolie brune pour la photo. Tant qu'elle ne dira rien, elle sera la bienvenue dans le gouvernement de Sarko.
Le clou du tableau fut la visite à Omar Bongo. Le dictateur, ami de toujours de Jacques Chirac, pilier de la Françafrique et gros producteur de pétrole en affaire avec Elf notamment. La rupture allait parler, Sarko allait nous montrer de quoi il était capable. Les droits de l'hommes allait être mise sur la table par Rama Yade...
Il n'en fut rien. Sarko et Bongo se firent des mamours diplomatiques, se félicitant, se congratulant et se promettant une amitié indéfectible.
La rupture africaine se dilue donc dans les intérêts pétroliers. Là encore, foin de rupture, juste du classiquissime, presque du chiraquisme. Même monté sur ses ergots, un coq  demeure un animal de basse-cour et Sarko comme ses prédécesseurs n'a plus que l'apparence du pouvoir alors l'omni-rupteur a fait dans la continuité et tant pis pour les droits de l'homme. Là encore, un grand classique !

Dominik
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