Vendredi a commencé la Coupe du Monde de rugby qui se déroule en France. Comme en 1998 avec le football, la France fait partie des favorites de l'épreuve et à l'instar du ballon rond, les politiques espèrent profiter de l'élan d'optimisme pour améliorer leur côte de popularité. Jacques Chirac avait retrouvé un second souffle en assistant aux matchs des Bleus et en arborant un maillot siglé du numéro 23.
Au moment où la croissance s'esssouffle et les décisions impopulaires se profilent, Nicolas Sarkozy espère bien profiter du même souffle de la victoire avec le rugby. Pas que ce sport le passionne, lui, il est plutôt foot, mais tout ce qui est bon pour son image n'est pas à négliger. Et puis, il a promis à Bernard Laporte, le sélectionneur national de devenir secrétaire d'état au sport après la coupe du monde. Bien sûr, son intronisation serait plus glamour si elle était auréolée d'une victoire. Si ce n'était pas le cas, il faudrait au minimum éviter une déroute précoce. Qu'en serait-il de sa nomination si la France se faisait éliminer piteusement au premier tour ? On peut se poser la question, mais je préfère que cela reste au stade virtuel.
Laporte sera contraint d'abandonner pour 700 000 euros de gains publicitaires par an pour accéder à son poste ministériel. En regard de ce magot, son salaire de secrétaire d'état paraîtra bien maigre et on ne peut que le féliciter de son esprit de sacrifice.
Sarkozy y voit même quelque chose d'exceptionnel et il nous promet que Laporte sera la révélation de son gouvernement. Comme il nous avait prédit la même chose pour Christine Lagarde qui commet gaffe sur gaffe en ce moment, on peut en doute.
Pas que je doute des capacités de Laporte, loi s'en faut, mais ce n'est pas un politique et il y a des règles induites à respecter si on ne veut pas trébucher. Le sélectionneur ne les connait pas et il chutera très certainement comme tous les novices en la matière. Sarko ragera alors devant son incompétence. C'est le nouveau de la médiacratie où la langue de bois règne sans partage, où il faut berner l'électeur pour qu'ils ne comprennent pas là où on veut l'emmener. L'électeur est présumé idiot car il ne comprend pas que les décisions difficiles sont pour son bien, forcément pour son bien. Vu qu'on lui dit, il est prié de le croire.
Dominik