Avec ce gouvernement menée à la baguette par le roi des communicants, l'illusioniste Sarkozy, la gauche a du mal à se faire entendre. Et comme ils semblent vouloir en rajouter dans le registre de la cacophonie, leur discours est totalement inaudible.
Après "La défaite en chantant" de Claude Allègre, "L'élection imperdable" de Claude Bartolone ou "Au revoir Royal" de Marie-Noëlle Lienemann. Lundi, "Libération" a publié des extraits du nouvel ouvrage signé Lionel Jospin, "L'Impasse" (Flammarion, sortie le 24 septembre) où il met en pièces méticuleusement Ségolène Royal.
Comme cette parution dans Libé a eu lieu au moment des journées parlementaires du PS, devinez de quoi ont parlé les médias ?
Jospin a donc traité Royal de "figure seconde", une expression un brin obscure pour ne pas dire secondaire. Il a avancé que son choix pour la présidentielle était une impasse et qu'il ne fallait pas le renouveler. Il a décrété que l'ex-candidate PS n'avait pas le niveau pour le poste et qu'il connaissait son incompétence pour l'avoir cotoyé au gouvernement etc. Pour ceux qui n'auraient pas encore compris, Yoyo n'aime pas l'ex de Hollande. On peut même supposer qu'il l'a déteste franchement.
Alors pourquoi ? Tout simplement parce qu'il ne s'est pas encore remis du traumatisme de 2002 et de son élimination au premier tour. Dans la précipitation, il s'est retiré de la vie politique et l'a regretté très vite. Il espérait qu'on vienne le chercher en 2007, mais a surgi Ségolène Royal. La Dame Blanche l'a donc privé de sa revanche, de son come-back retentissant, mais elle lui a peut-être aussi évité une seconde déroute car Lionel est un austère qui se marre et ça n'est pas forcément vendeur, on l'a bien vu il y a cinq ans. Qui plus est, la Dame du Poitou a assis son avènement sur un impact médiatique à l'opposé du (trop) sérieux Jospin.
Comme au PS, la chasse Royal a été ouverte, il offre sa cartouche pleine de fiel et d'aigreur, au risque de saborder un peu plus un PS mortifié. Et finalement, à quoi cela sert-il ? A flinguer Ségolène ? Je pense que ces afiocionados n'écouteront pas beaucoup l'ex-leader de la défunte gauche plurielle. Par contre, ça entame un peu plus la crédibilité du parti auprès du grand public et ça, c'est mauvais pour les prochaines échéances électorales.
Et puis, Jospin, au lieu de se lamenter, il n'avait pas qu'à se bouger le cul et y aller lui-même. En vieillissant, il se rocardise, ou se giscardise et ce n'est pas forcément un compliment.
Dominik