Depuis un jour ou deux, tout le monde ne parle que du Grenelle de l'environnement. Tant mieux, il était temps que ce sujet devienne une préoccupation majeure de la société. J'ajouterai même que c'est une chose extrêmement positive que de l'avoir organisé car la droite nous avait plutôt habitué à s'asseoir sur l'écologie en se retranchant derrière les nécessités économiques. Maintenant, il serait bon que la montagne n'accouche pas d'une souris comme trop souvent en politique.
Traditionnellement, en matière d'environnement, tout le monde est pour, mais on ne fait jamais rien, si ce n'est quelques mesures cosmétiques qui ne coûtent rien ou inventer des nouvelles taxes qu'on ne pourra réprouver car elles sont vertes. Tâchons de voir les grands problèmes écologiques actuels :
- Le nucléaire : ce n'est pas tant l'énergie nucléaire qui est en cause que le retraitement de ses déchets hautement toxiques et à très long termes (on parle de milliers d'années). Je n'ai pas un avis tranché sur la question, mais je pense qu'il serait tout aussi inconscient de ne pas envisager de faire baisser la part du nucléaire. Pas pour la remplacer par des centrales à pétrole ou au charbon, mais par des énergies renouvelables. L'énergie solaire et éolienne sont chez nous guère plus qu'embryonnaire et investir là dedans me parait une nécessité. Quant aux écolos qui refusent de voir des éoliennes près de chez eux, je les trouve tout bonnement ridicules. Entre un champ d'éoliennes et une centrale nucléaire, mon choix est vite fait. Une éolienne, c'est plutôt joli en plus....
- Les OGM : je ne suis pas un anti-OGM à tout crin, mais je pense qu'il faut éviter la dissémination tant qu'on n'en sait pas davantage sur le sujet. Hors, tous les scientifiques s'accordent à dire qu'une culture en plein champ ne permet pas de l'éviter. Il faut donc voter un moratoire pour les cultures en plein champs en attendant d'en savoir plus. Il reste ensuite à démontrer leur efficacité car aux Etats-Unis, ils n'ont pas fait baisser la quantité de pesticides déversés dans les sols. Par contre, leur utilisation interdit de replanter les graines récoltées avec le brevetage du vivant. Et ça, je suis formellement contre.
- Le rejet de CO2 : autre problème majeur dont l'une des causes majeures est l'utilisation de la voiture, mais aussi des camions. On nous parle beaucoup de ferroutage et je suis pour, mais la volonté politique n'est pas très forte et, de toutes façons, ça prendra du temps. Comme tout le monde ne vit pas en ville et ne dispose pas de transports en communs, on ne peut pas pénaliser à outrance les automobilistes qui n'ont pas d'alternative à la voiture. Pour cela, plusieurs solutions, inventer des voitures rejetant moins de CO2 et privilégier les nouvelles énergies que le lobby pétrolier étouffe depuis toujours. La solution immédiate la moins polluante serait d'autoriser les voitures diesel à rouler avec l'huile de colza. Une énergie non polluante, mais qui a été formellement prohibée car elle peut se dispenser de passer par l'état et ses taxes. On lui préfère le carburant à base de betteraves que la transformation rend encore plus polluante que le pétrole !
Bien sûr, il est tellement plus pratique de préconiser une baisse des limitations de vitesse (que les hommes politique ne respectent jamais, évidemment) ou une nouvelle taxe sur la voiture. Résultat, on paiera plus, mais on ne polluera pas moins car nous sommes nombreux à ne pas avoir le choix.
Je ne parle pas des autres sujets car ils sont moins polémiques. Tout le monde est d'accord pour favoriser le bio ou mieux isoler sa maison par exemple.
Maintenant que les sujets sont posés, il faudra prendre de vraies décisions et c'est au pied du mur que l'on voit le maçon. Borloo et le gouvernement iront-ils au-delà des mesurettes de façade pour se donner bonne conscience ? On peut l'espérer car la maison brûle comme déclamait Chirac il y a peu et l'on continue de regarder ailleurs.
Dominik