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Dominik Vallet chronique des livres et des BD, montre des planches originales, des dessins humoristiques et parle un peu de sa production personnelle...

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La grève à qui perd gagne ?

Ce soir commence la deuxième vague de grèves avec celle des cheminots contre la réforme-suppression des régimes spéciaux de retraite.
Si je comprends la raison du mouvement, j'en viens à me poser une question : cette grève n'est-elle pas un piège de Sarkozy ?
En effet, les régimes spéciaux sont largement perçus comme un  privilège indu (il faut dire que les politiques et les médias ont beaucoup fait pour ça), donc la grève ne sera pas populaire. Sarko a lui-même fixé la limite en indiquant qu'il ne cèderait pas sur les 40 ans de cotisation, mais qu'il était prêt à négocier sur le reste. Les leaders syndicaux eux-mêmes admettent (en off) qu'il sera très compliqué d'empêcher la réforme.
En gros, on se dirige tout droit vers une réfome conduisant à 40 ans de cotisation, mais avec de solides contreparties. Sarkozy pourra dire qu'il n'a pas céder et valoriser son image de fermeté. Les syndicats pourront se targuer d'avoir défendu au mieux leurs intérêts et les grévistes auront l'impression de s'être fait floué dans les grandes largeurs (et je reste poli).
C'est exactement là où souhaite arriver notre omniprésident préféré. Comme cela, lors du prochain conflit sur la réforme du droit du travail, il aura face à lui des syndicats affaiblis, des salariés du public exsangues et il lui sera plus facile de faire passer ce massacre en règle de notre législation du travail, même si elle n'est pas trop populaires (sauf auprès du MEDEF, naturellement). Ceux qui travaillent dans le privé savent à quel point faire grève est quasiment impossible sauf à risquer son emploi.
Je n'approuve pas les choix de sarko, mais je reconnais en lui un fin stratège. Comment le faire échouer ? Que les grèves des cheminots s'agglutinent avec celles des fonctionnaires, des étudiants et peut-être d'autres encore, ce qui pourrait bloquer les réformes à venir et quand on sait ce que réforme veut dire en langage sarkozien, c'est peut-être mieux ainsi.
Sinon, comme le faisait justement remarquer Eric le blogueur de Mulhouse, où sont passés les sarkozystes six mois après son élection. Autour de moi non plus, on ne les entend plus guère, sinon pour se plaindre.
Seraient-ils en grève ?

Dominik
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