Dominik Vallet chronique des livres et des BD, montre des planches originales, des dessins humoristiques et parle un peu de sa production personnelle...
Après un discours long et laborieux sur sa politique de la civilisation, concept nébuleux cachant un vide sidéral, Sarkozy s'est fait plaisir avec une méga-conférence de presse, exercice où il excelle. Certes, il est bien aidé par des journalistes très souvent complaisants et les autres étaient vertement rabroués par un pouvoir qui ne supporte aucune contestation. Comme il n'avait rien à proposer du côté du pouvoir d'achat, notre président auto-proclamé du pouvoir d'achat a surtout fait diversion en ouvrant des nouveaux fronts. Il a ainsi déclaré qu'il voulait la fin des 35 heures sans rien préciser de plus, sachant très bien que ce silence ferait beaucoup parler à droite comme à gauche. Henri Guaino a tempéré cette déclaration martiale (hier soir sur RTL) en précisant qu'il s'agissait du projet actuel de négociation au sein des entreprises, mais Sarkozy avait créé un nouveau buzz. Il a récidivé en relançant l'idée de télévision publique sans publicité et d'autres sujets plus anodins. Son but n'était que de faire diversion sur ses échecs (pouvoirs d'achat surtout) ou sujets polémiques (ses frasques pipolesques avec Carla Bruni principalement). Objectif parfaitement atteint car les médias ne parlent que des nouveaux sujets, oubliant déjà tout ce qui les obnubilaient la veille. Pourtant, la presse étrangère n'est pas tendre avec notre omni-président et même le Financial Times (peu soupçonné d'être gauchiste) le traite de président Bling-Bling pour sa fâcheuse manie d'exhiber ostensiblement tout le luxe qui l'entoure. On le sait, c'est le défaut des nouveaux riches et ça ne les grandit guère. En Italie, on rappelle que la presse française critiquait abondamment les débordements similaires de Berlusconi alors qu'elles sont bien indulgentes avec ceux encore plus éclatants de Sarkozy. Ben oui, notre presse est aux ordres. Ce n'est pas nouveau, mais c'est de plus en voyant. Bon Sarkozy s'est fait plaisir avec son exercice jubilatoire, mais il nous a surtout annoncé qu'il ne ferait rien pour le pouvoir d'achat car les caisses sont vides. Forcément, quand on a dépensé 15 milliards pour les plus riches, on n'a plus de sous pour les citoyens ordinaires. C'est ça aussi le drame des nouveaux riches, c'est qu'ils achètent l'amitié des anciens riches, faute de mieux.