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Dominik Vallet chronique des livres et des BD, montre des planches originales, des dessins humoristiques et parle un peu de sa production personnelle...

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De l'hymen à l'amour

Ca fait plusieurs jours que cette histoire de mariage annulée pour cause de non-virginité anime la blogosphère et les médias grand public. Je ne comptais pas en parler parce que je me disais (à tort, peut-être) que ce n'était pas si important. Cependant, l'affaire prend de plus en plus un tour politique avec des ministres qui contredisent d'autres ministres, voire qui se contredisent eux-mêmes. Ainsi, Rachida Dati a fait une volte-face de première catégorie en demandant au parquet de faire appel de la décision de justice qu'elle avait approuvé quelques jours avant !
Essayons d'analyser la situation au-delà de toutes contingences ethniques ou religieuses.Tags : Chanoine de Lattran, Nicolas sarkozy, mariage annulée pour non-virginité, Rachida Dati, mariage forcé, hymen, UMP, décision de justice, islam, musulmans
Tout d'abord, sur le fond, je me joins à la cohorte de protestations sur le fait qu'un mariage soit annulé sous le prétexte que la mariée n'était pas vierge. Même si les religions chrétiennes comme musulmanes en font une demande forte, cela n'est pas du ressort du droit de statuer sur ce point. Comme il s'agit d'un mariage civil, une demande d'ordre religieux devrait être repoussée comme nulle et non avenue. Nous sommes encore dans une république laïque tant que le chanoine de Lattran (l'inestimable Nicolas Sarkozy) n'aura pas changé cet axiome.
Qui plus est, ce genre de demande est discriminatoire du fait que la non virginité masculine ne peut pas être démontrée. Qui dit que le marié n'a pas batifolé avant cette union où la virginité de son épouse lui importait plus que tout ?
Malgré tout, je trouve regrettable que ce mariage soit érigé en symbole car on oublie juste un petit détail : derrière cette union annulée, il y a l'époux virginophile, mais l'épouse répudiée. Qui dit qu'elle souhaite encore cette union ? A priori, il semblerait même que ce soit loin d'être le cas ! Doit-on la forcer à réintégrer un couple partie sur de telles mauvaises bases ? Personnellement, je ne crois pas.
Et puis, si cette décision ouvrait une porte de sortie à toutes filles victimes d'un mariage forcée ? Il leur suffirait de déchirer leur hymen pour anéantir leur virginité. Le mariage n'aurait plus lieu d'être et elles retrouveraient leur liberté d'union. Certes, ce serait au prix d'un déchirement familial, mais quand cette famille vous force à vous marier, on ne peut pas dire que tout soit pour le mieux dans le meilleur des mondes.
A l'instar du voile à l'école, je suis très partagé sur ce sujet, mais je suis persuadé que le chanoine de Lattran saura nous indiquer la voie à suivre.

Dominik

L'avis autorisé

Tags : Chanoine de Lattran, Nicolas sarkozy, mariage annulée pour non-virginité, Rachida Dati, mariage forcé, hymen, UMP, décision de justice, islam, musulmans
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L
@dominik<br /> <br /> Le juge n'a pas à se soucier du fait que ce soit religieux ou non. SI demain, un type ou une femme viennent demander une annulation pour le même motif, mais sans être musulmans ou catholiques, on accèderait à leur requête?<br /> <br /> Le juge examine les qualités essentielles vues subjectivement par les parties, point barre!<br /> <br /> (certes, ma position est influencée par mes convictions mais en l'occurrence, je crois qu'il s'agit purement de droit et d'ailleurs, les blogueurs juristes tiennent le même discours sans être forcément croyants, bien au contraire)
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D
@chafouin<br /> <br /> Comme je l'ai dit dans mon billet, je suis partagé car je pense que cette union ne doit pas être reformée. Non pas à cause de la non-virginité de l'épouse putative, mais parce qu'elle ne mènerait à rien (sinon à un divorce précoce).<br /> Je continue de penser qu'annuler un mariage pour ce motif est un non-sens, même juridique car on ne peut baser une "qualité essentielle" sur une base religieuse alors qu'il s'agit d'un mariage civil dans un état laïque. Ton raisonnement est faussé par ton approche religieuse de la question à mon avis (même si le mien est aussi influencé par ma non-religiosité, je le consens). Seulement, il ne s'agit pas de religion, mais de droit en l'espèce. Donc sur le plan juridique, cette annulation n'a pas lieu d'être alors que sur un plan pratique, rétablir le mariage serait une belle bêtise. cornélien.
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L
jamais recherchée? Tu te treompes, il y a eu de nombreux cas de femmes qui ont fait annuler leur mariage pour des liaisons qu'avaient entretenues leur mari avant l'union, ce qui prouve a contrario la non-virginité. Tu as des exemples ici : http://www.koztoujours.fr/?p=731#comment-76043<br /> <br /> Quant à ce mélange religieux-civil que tu désapprouves, je pense qu'il faut savoir fairepreuve de souplesse : pour beaucoup de gens (moins qu'avant, je te l'accord), le mariage religieux est celui qui compte le plus, le mariage civil n'étant que le prolongement du premier. pourquoi, donc, les raisons qui fondent l('un ne fonderaient pas l'autre? Ce serait un peu débile de contraindre des gens à rester mariés alors que les raisons qui les ont poussé à s'unir, a posteriori, se sont révélés ne pas avoir existé...
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D
@Chafouin<br /> <br /> Le hic est tout de même de considérer la virginité de l'épouse comme un motif déterminant du consentement. On se base sur un motif religieux pour invalider une action civile. Ca me gêne, même sur le plan du droit.<br /> Prouver la non virginité d'un homme est hautement improbable (sauf s'il y a eu progéniture) et, de toute façon, jamais recherchée. Il y a donc bien rupture d'égalité. Qui plus est, techniquement, une femme peut avoir son hymen déchirée et être vierge sexuellement. Là encore, c'est un souci...
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L
@Dominik<br /> <br /> Deux éléments de réponse :<br /> <br /> - d'une, ce n'est pas la non-virginité qui motive le jugement, mais le mensonge sur la virginité, vu par le couple (c'est-à-dire les contractants) comme un élément déterminant du consentement. Celui-ci est donc vicié, il n'y a pas eu consentement éclairé, donc il n'y a pas eu de contrat, et donc pas de mariage. C'est une décision purement technique.<br /> <br /> - ce n'est pas parce qu'il est plus difficil de prouver quoi que ce soit pour le cas d'un homme que l'on ne doit pas en tenir compte. Ce n'ets pas une rupture d'égalité. D'ailleurs, on peut prouver qu'un homme a eu une liaison qui est allée au-delà du simple baiser (témoignage, aveu, etc).
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