Dominik Vallet chronique des livres et des BD, montre des planches originales, des dessins humoristiques et parle un peu de sa production personnelle...
L'information n'a pas fait beaucoup de bruit, mais l'Union Européenne est en train d'avaliser une décision permettant de relever le nombre maximum d'heures travaillées par semaine de 48 à 65 ! Il reste à la faire voter par l'assemblée européenne, mais c'est dans les tuyaux comme disent nos hommes politiques. En quoi cela nous concerne-t-il vu que nous sommes l'heureux pays des 35 heures ? Rappelez-vous que le gouvernement est sur le point de faire voter une loi permettant de s'exonérer des 35 heures avec un accord entreprise par entreprise. Un accord pouvant être avalisé si un syndicat représenant au moins 30 % des salariés le signe ! Ce n'est donc pas un retour aux 39 heures, ni même aux 40 heures qui se profile, mais une perspective d'avoir des semaines de 48 heures, voire plus à concurrence de 65 heures ! Pour le coup, on travaillera effectivement plus. Est-ce qu'on gagnera plus ? Par certain car les patrons préfèreront demander à leurs salariés de travailler plus longtemps plutôt que d'augmenter leur salaire horaire. On avait accusé, à juste titre, les 35 heures d'avoir causer un gel salarial. Ne va-t-on pas voir un autre gel des rémunérations avec cette possibilité accrue de travailler plus longtemps ? J'en suis intimement persuadé. 65 heures par semaine, cela réprésente 13 heures par jour sur 5 jours. Soit, à titre d'exemple des horaires de 8h-12h, 13h30-22h30. Le reste du temps, pensez à manger et à dormir sinon vous ne tiendrez pas longtemps et vous finirez par vous suicider comme dans les usines Renault. Oubliez vos enfants et votre femme, vous ne les verrez plus. Le week-end, si vous ne travaillez pas, reposez-vous !!! En plus, vous économiserez l'argent que vous aurez gagné en plus. C'est chouette la vie, non ? Avec de telles décisions, il ne faut pas s'étonner que l'Europe fasse peur aux citoyens, y compris en Irlande où le peuple est tenté de voter non alors qu'ils sont parmi les plus grands bénéificiaires des aides européennes. Encore un petit effort, messieurs nos dirigeants libéraux et vous rétablirez l'esclavage. Attention, tout de même, l'esclave consomme peu, ce n'est pas bon pour la sacro-sainte croissance !
Ce qui m'interpelle dans ces discussions sans cesse agitée, c'est la place que donne le(s) gouvernement(s) et les citoyens aux indépendants, qui pour la plupart n'ont quasi aucun subside, aucune aide, sauf leurs dix doigts, leur tête et les horaires mentionnés dans cet article pour essayer de sortir la tête de l'eau.<br />
Alors, "travailler" 14 heures par jour et 7jours/7 ne serait qu'une abomination de l'europe qui nous pousse au suicide ? Ou simplement la volonté d'accomplir ses rêves en conciliant vie de famille et "travail" ?
""Qu'une loi interdise ou autorise, ça n'en reste pas moins une loi, donc ce n'est pas une non-loi.""<br />
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Ce que j'essaie de dire, c'est qu'en l'occurence l'Europe n'est pas "ultra-libérale", elle est tout simplement inexistante (c'est à dire : nos gouvernements ne veulent pas qu'elle existe).<br />
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Car je n'ai peut-être pas été très clair : ce qu'il se passe, c'est qu'il y a un empilement législatif<br />
- soit une loi européenne impose un standard minimum aux lois nationales : vous pouvez fixer la durée légale du temps de travail à 32, 35 ou 40h00 pour tous ou par branche, comme vous voulez - mais dans tous les cas personne ne peut travailler plus de 48h00.<br />
- soit elle n'existe pas et alors les législateurs nationaux font ce qu'ils veulent en matière de temps de travail. <br />
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Là, le standard est tellement minimum que c'est comme s'il n'y avait pas de loi européenne, bref la même situation qu'en Suisse.
Tout d'abord, je suis europhile depuis toujours, mais pas de l'Europe ultra-libérale qu'on nous construit. Je n'ai donc pas dit que c'était la faute de Bruxelles, mais cette décision est abjecte. Qu'une loi interdise ou autorise, ça n'en reste pas moins une loi, donc ce n'est pas une non-loi.<br />
Il ne s'agit pas d'EMPECHER les gens de travailler. Rien ne les empêche de travailler quand ils le souhaitent, mais on le voit avec les RTT, 80 % des Français ne veulents pas les vendre et ne veulent donc pas travailler plus. Pour moi, c'est avant tout une victoire des libéraux, des technocrates et des ennemis de la démocratie car le peuple européen serait vent debout face à ça.
Et donc si les suisses sont plus sages que les français, c'est encore la faute à Bruxelles ? Décidément !<br />
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Sur la deuxième question : ben justement, ce n'est pas une loi, c'est une non-loi. <br />
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C'est bien pour ça que je dis que c'est une victoire de ceux qui veulent une Europe à minima qui n'empêche rien. Si tu veux une Europe qui empêche un demi-milliard d'humains de travailler plus de (par exemple) 45h00 (on parle de durée maximale là, pas d'un simple seuil de déclenchement des heures sup' comme les 35h00 qui n'empêchent personne de travailler plus), il faut une Europe forte.
Non, mais les Suisses sont peut-être plus sages que les Français. Et pourquoi fixer une limite à 65 heures dans ce cas ? Et pourquoi même fixer une limite si tout le monde est raisonnable ? Pourquoi faire des lois ?