Dominik Vallet chronique des livres et des BD, montre des planches originales, des dessins humoristiques et parle un peu de sa production personnelle...
En ce moment à l'Assemblée Nationale a lieu le débat sur la fin de la publicité sur les chaînes publiques. L'UMP y accuse l'opposition de faire de l'obstruction, ce qui est vrai, mais la droite n'a-t-elle jamais péché sur ce point ? Quand on est minoritaire, c'est un peu la seule façon de se faire entendre. Alors, la loi finira par passer, mais le PS espère réveiller un mouvement de protestation dans l'opinion. Personnellement, je ne crois pas que les gens vont se lever en masse pour lutter contre l'interdiction de la publicité après 20 heures. Concernant le choix et la révocation du PDG de France Télévision par le chef de l'état, les Français sont plutôt contre (à 74% d'après un récent sondage), mais ce n'est pas un sujet suffisamment sensible pour lever les foules. Comme la loi ne pourra pas techniquement être voté avant le 5 janvier (le Sénat ne commence son examen que le 7 !), Christine Albanel a eu la joyeuse idée de demander à Patrick de Carolis, de décider de "lui-même" d'arrêter les réclames sur sa chaîne ! Celui-ci, en toute indépendance, a accepté de prendre cette décision personnelle. C'est en tout cas ce que tentait de nous faire avaler ce matin la ministre de la Culture sur France Inter. Elle tentait aussi de nous faire gober que le lien direct entre le président et le PDG de France Télévision n'aurait aucun impact sur le contenu éditorial car les journalistes étaient indépendants. Naturellement, les journalistes de France 2 et France 3 n'ont aucun compte à rendre à leur direction sur la ligne éditoriale et sur le contenu des journaux ! On nous prend vraiment pour des benêts !!! Imaginons un instant qu'un journaliste décide de faire remarquer que le gouvernement a pris une décision ayant des conséquences négatives et qu'il le mette dans son reportage. Le direction de la chaîne laissera faire alors qu'elle sait qu'un fait du Prince peut décider de le mettre à la porte. Il sera alors forcément tenté de ne pas lui déplaire. On appelle ça l'auto-censure, mais il y a fort à parier que notre journaliste indépendant reçoive alors des consignes lui demandant gentiment de modifier son reportage dans le sens ne froissant pas le président. Plus grave encore, cette loi entérine un nouveau mode de calcul de la réprésentatitivé à la télévision. Désormais, ce sera un tiers pour le gouvernement, un tiers pour la majorité et un tiers pour l'opposition. Le temps de parole du Président de la république n'étant pas comptabilisé et s'ajoutant donc à celui de la majorité. Comme la majorité parlementaire est automatiquement du côté du gouvernement, cela donne 33 % gouvernement (UMP) + 33 % Majorité (UMP) = 66 % + le temps de parole de Sarko. Les miettes restantes sont à partager entre tous les autres partis. On appelle ça la démocratie... à la Sarkozy !!! Jean-François Copé est plus convainquant quandil ment qu'Albanel. Sans doute une question d'habitude !
Dominik
Tags : Assemblée nationale, fin de la publicité sur France Télévision, UMP, gouvernement, Nicolas Sarkozy, PS, opposition, opinion, PDG,télé publique, sondage, Patrick de Carolis, Christine Albanel, ministre de la culture, France Inter, radio, France 2, France 3, journalistes indépendants, Jean-François Copé
Désespérante cette manie de foncer dans tout ce qui bouge et de faire accroire qu'on réforme parce que c'est indispensable. Asseoir son pouvoir en muselant ainsi la liberté de parole (car c'est quoi d'autre l'idée que le pdt nomme le patron de France télévision ?), cela rappelle une époque où tous les moyens étaient employés pour servir un seul. C'est fascisant ou je ne m'y connais pas.